Je ne sais pas si je vais bien, en fait.

Il y a deux semaines environ, j’étais assise au bord de mon lit comme au bord d’une île, au milieu de ma chambre. Je sentais en moi une accumulation de déceptions, de trop de galères, d’espoirs déçus, de solitude.
Les idées noires ont surgi, me prenant cellule après cellule. Mes idées, mon énergie, mon temps. Noir, noir, noir.

Je me sentais comme un feu qui doucement baisse.

Malgré tout, il y avait cette toute petite étincelle microscopique de lumière, loin au fond de moi, m’empêchant de penser à commettre quoi que ce soit. Peut-être est-ce la pensée de causer une tristesse infinie à mes parents qui empêchât que je formule clairement autre chose que « j’aimerais juste m’en aller ».

Ne plus ressentir toute cette solitude.
Ne plus vivre ces déceptions (amoureuses, amicales, professionnelles).
Ne plus galérer pour payer mon loyer, mes impôts, me privant sans arrêt de tout.
Ne plus espérer pour tomber sur mon nez à chaque fois.

Juste partir.

C’est marrant, tiens, une de mes chansons préférées est le Paradis Blanc, de Michel Berger. Et pourtant… il y a quelque chose au fond de moi qui est toujours là, m’empêchant de sombrer comme d’autres le font.
Vous voyez, je ne suis même pas foutue de faire une bonne dépression ni même de formuler les mots correspondant à l’action d’attenter à sa vie.

Et puis j’ai papoté avec un copain blogueur (merci à lui…) et ça m’a sauvée ce soir là de m’enfoncer encore plus loin.
Et je suis partie une semaine: week-end chez mes parents (et chouette rencontre avec une copine blogueuse/lectrice), avant de rejoindre le Sud pour passer une journée avec V., une de mes tantes, malade et à l’hôpital un jour sur deux. J’ai finalement pu voir deux autres de mes tantes aussi ce midi-là. Je voulais les voir avant qu’un coup de fil m’apprenne qu’elles étaient dans une boîte qu’on allait mettre en terre.

Après cette journée chez V., j’ai rejoint une amie de longue date chez qui j’ai passé deux jours. Elle fait le même boulot que moi. Elle est hypersensible, comme moi. Ce fût précieux de parler de tout, de rien, de boulot, d’états d’âme, de famille, d’espoirs, de mal au coeur…

Alors je ne sais pas si je vais bien, aujourd’hui.
Je me suis mis du vernis, je me suis maquillée, j’ai beaucoup travaillé. C’est donc une journée OK.

Pour citer un album de Stanislas, c’est un peu « l’équilibre instable » en moi. Ca va, mais c’est fragile. Vous voyez ?

~ | via Tumblr

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La grosse blague politique du moment. Rire jaune.

HAHAHAHAHAHA!!
*argl*

Il paraît qu’il faut que je m’intéresse à l’actualité politique.
Mais… pour quoi faire ?

Voir un guignol qui a trompé, manipulé et profité revenir sur le devant de la scène…
Non, merci.
Vraiment.
Sans façon.

Je suis bien, loin de tout ça, dans la douceur de mon cocon que j’ai choisi. Je ne suis pas bête, inculte et peu curieuse, au contraire. C’est parce que je suis intelligente, cultivée et curieuse que je me tiens loin de l’actualité.

 

J’ai le droit

Je crois que c’est l’avancée majeure de cet automne pour moi.

Je suis quelqu’un à part entière, et j’ai des sentiments, des préférences, des envies.

J’ai le droit de me sentir peinée. J’ai le droit de ne pas avoir envie. J’ai le droit de penser ça. J’ai le droit d’être triste. J’ai le droit de choisir qui je côtoie. J’ai le droit de dire à quelqu’un qu’il empiète sur mes droits. J’ai le droit, bordel, je suis quelqu’un aussi et pas juste un faire-valoir ou une potiche ou un avatar.

Et ça fait du bien de revenir à la vie comme ça.

Au même temps, j’ai demandé.

Mes mains entourent une tasse de thé à l’orange. Je lis mes mails, et puis je soupire.

Pourquoi ai-je envoyé un petit bonjour par mail à Nico ? (Nico, le dernier mec qui m’a tenu la main, l’année dernière, j’avais éternellement 15 ans et c’était bien même si ça s’est fini en queue de poisson).
Qu’est-ce qui me prend, régulièrement, à penser au passé ? A me demander comment va untel ou trucmuche ? Ca vous fait ça, aussi ? (rassurez-moi…)

Bah il va bien, Nico. Il est heureux au boulot, et heureux en couple depuis quelques mois.
Ouais-ouais-ouais-ouais.