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Corps / coeur

Je regarde cette année encore « La belle et ses princes », sur W9 (mais pas que*).
L’un des gars a sorti très naturellement : « Je plais à toutes les femmes ».
C’est faux, il ne me plairait pas. J’aurais peut-être envie de le toucher, de le voir en tenue d’Adam et de passer deux heures à oublier comment je m’appelle; mais me plaît-il? Vraiment pas. Son assurance m’agace. Son visage trop carré lui donne une allure trapue et bête. Bref, il existe des nanas qui aiment les hommes moins musclés/gonflés, au visage plus fin, et plus humbles aussi.

Si vous ne connaissez pas ce programme TV, le principe de l’émission est de faire rencontrer deux groupes de jeunes hommes à une belle femme:
– des « prétendants » au physique différent, mais gentils (mais soyons honnêtes, bien moches)
– et des « séducteurs », de très beaux hommes mais moins sympas. Du genre ta copine me tape dans l’oeil, je fonce sans scrupule.
Cette année, nouveauté de l’émission, les femmes sont trois. Du coup, les prétendants (les moches, donc) ont le pouvoir de choisir celle qui leur plaira le plus, c’est à dire celle qui ne va pas se trémousser devant les beaux gosses afin de prouver… qu’elle n’est pas intéressée par le physique. Pour rester, elle devra donc montrer qu’elle préfère les corps lourds au gentil coeur, plutôt que des corps parfaits au coeur cruel.

Soit. Mais qui n’est pas intéressé par le physique? Si au groupe des moches, on mettait une brochette de filles obèses, au visage épais, qui louche, et aux cheveux gras, on imagine bien qu’ils seraient moins romantic lovers. Ils sont sidérés par la beauté des filles, et souhaitent qu’elles ne craquent pas pour le physique des beaux mecs. Ok, donc eux ont le droit de fantasmer sur trois canons, mais les filles devraient se contenter de chercher parmi des corps ingrats un beau coeur?
Faut quand même pas pousser 🙂

Mais au final, nous en sommes tous là. Toujours plongés dans cette ambiance où l’on culpabilise de vouloir un physique attirant, alors qu’il existe des gens au grand coeur (mais au physique ingrat).
Pourquoi devrait-on oublier le physique et voir seulement les qualités de coeur pour être quelqu’un de bien? Cette optique me gêne, elle appuie paradoxalement sur la superficialité de notre société occidentale, qui veut se persuader qu’on est tout sauf des animaux, tout sauf primitifs. Tout sauf physiques. Et pourtant.
Nous sommes bien des êtres humains, mais surtout dotés de sens (les 5, déjà, et certain(e)s en ont 6 :D). Nous produisons des hormones et des phéromones. Nous sommes programmés pour être fertile / stérile à certains âges. Bref, nous avons une nature qui compte sur… le physique. Certains appellent ça le coup de foudre, d’autres verront là un attrait des phéromones. Le résultat est le même: ce que nous ressentons en premier, c’est physique. L’attitude, le charisme et le caractère de la personne va amplifier ou diminuer cet attrait, mais qu’on ne me dise pas qu’on sera attiré par quelqu’un qui nous repousse. Car oui, nous avons tous des préférences, et des dégoûts.

Pour donner un exemple, je suis repoussée par les mecs obèses. Explication rapide: j’y vois là le signe d’un déséquilibre à tous les niveaux (alimentaire, affectif, sportif, d’image de soi…) et je n’ai pas envie d’être avec quelqu’un de déséquilibré. J’ai aussi des préférences : un mec qui a les cheveux longs va marquer des points. Mais s’il porte une grosse chaîne en or, il en perd.

Mais là, je m’égare, on commence à évoquer l’image, et j’en parlerai dans une prochaine note. Mais vous l’aurez compris, c’est pour moi la saison des dichotomies. A suivre…

*Parfois, j’en ai marre de lire Kant et François-Marie Arouet même si je les aime beaucoup, je passe donc aux télé-réalités et autres programmes du même genre. J’y reviendrai dans une prochaine note.