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Spirale de vide

En fait, j’ai très honte. Je crois que j’ai atteint le sommet du vide, en parlant de produits pour le bain sur ce blog. (article supprimé depuis… je n’assume pas cette idiotie.)

Hormis le fait que j’ai trop regardé de vidéos « beauté » sur YouTube… Le problème est que je tourne autour du pot.
Non pas par rapport à toi cher lecteur que je ne connais pas (ou peu), mais principalement parce que je n’ai pas envie d’admettre ce que je vais écrire ici. Parce que je vais toucher à quelque chose qui m’irrite, qui gêne, titille, et fait mal.

Ca fait quelques temps que ça arrive.
C’est comme si les dimensions se superposaient en un flash: le réel (moi, seule dans mon grand appartement ou dans mon lit) et un monde parallèle (j’entends un rire, je sens une présence derrière moi, sa main chaude sur mes cuisses). Ca ne dure qu’une seconde, souvent moins et je sais que ce n’est pas la réalité. Je sens quand même avec force toute la tendresse du moment, la sensualité de sa main sur mon ventre, la chaleur de son corps contre mes jambes et les fous rires naissants.

Mais ça n’existe pas. Je suis seule et tout est calme.

J’avais pris la résolution d’écrire ici tout ce qui agitait mon monde intérieur (hormis certaines données pour préserver mon anonymat), et j’ai le culot de parler de tout sauf ça ici, alors que c’est mon moteur. Mon orage intérieur. Ce qui peut me transporter ou me blesser.
Ce qui est vital pour moi, c’est de rendre infime le décalage entre le rêve et la réalité. Et depuis que j’ai pris ce virage dans ma vie en quittant Paris pour m’installer à la campagne et vivre de mon art, ce décalage se réduit.
Malheureusement, le manque grandit au fur et à mesure que je complète ma vie; comme si quelque part en moi existait une case que seul l’amour amoureux pouvait combler. J’ai beau avoir aujourd’hui tout ce qui me manquait à Paris, le vide reste.

C’est l’échec d’une vie telle que je la conçois, non seulement pour moi, mais pour ma famille et pour la nature. Nos parents nous donnent la vie, et sont heureux de savoir qu’on la transmet à son tour, c’est comme ça depuis « la nuit des temps ». Certes, je ne donnerai pas la vie, mais j’accueillerai l’enfance et les espoirs de ces petits êtres chez moi, en les aimant comme si je les avais portés en moi. Mais c’est impossible maintenant, sans amoureux à mes côtés.

Et si je pense que ma vie se résume à cette idée, j’ai le vertige. Je refuse de vivre comme ça parce cette pensée, c’est comme flotter sur l’eau, d’une mort indolente. C’est impossible. Et pourtant, c’est ça le tableau de ma vie.

A black & white reenactment of "Ophelia" inspired by Shakespeare's Hamlet.

Bon, avec tout ça, j’ai les thèmes de mes prochains tableaux. Ce qui est une malédiction pour le quotidien est une bénédiction artistique. Allez, bon réveillon 😉

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Elle a pris ma place

Ce matin je me suis réveillée avec un rêve qui colle à la peau et qui me laisse dans un état désagréable.
Dans ce rêve, j’étais chez mon ex et sa copine, comme si nous étions tous potes. Je regardais la maison, je notais les améliorations, les travaux qui avaient été faits que nous n’avions pas eu le temps de finir, je me disais que sa copine était plus jolie que dans mon souvenir, et j’admirais leur bébé.

Un matin, monsieur deux ans m’a quittée. En se levant, il m’a dit que ça n’allait pas. Que c’était fini.
Nous étions sur le point de signer pour une maison qu’on avait repéré tous les deux, on parlait mariage et enfants. Alors j’ai mis une année pour m’en remettre, une autre année pour me reconstruire, et cette année pour me rendre compte que je n’avais pas pris la bonne direction et que je voulais autre chose pour ma vie. Et le constat de ces trois ans c’est ça : « elle a pris ma place ».

Un mois et demi après m’avoir quitté parce qu’il voulait « être seul et faire le tour du monde et qu’être deux de toutes façons c’est compliqué », il a rencontré une fille. Blonde comme moi. Les yeux bleus comme moi. La même taille. La même corpulence. Douce comme moi. Bref, cette fille, c’était mon double mais en mieux.
Et surtout, elle lui a donné un enfant.

Car en effet, je ne peux pas avoir d’enfant. Avec moi, avoir des enfants, ça veut dire adopter. Parfois, les mecs tombent amoureux de vous et sont heureux de ce projet, ils trouvent ça admirable et ils veulent adopter avec vous. Créer une famille en chérissant des enfants sans amour qui vous attendent quelque part dans le monde. Et puis… un jour, ils se rendent compte qu’ils veulent passer leur ADN plutôt, qu’ils veulent tenir dans leur bras la chair de leur chair, et ils s’en vont. Parfois sans bruit à pas feutrés, parfois ils vous disent un matin que c’est fini, sans savoir pourquoi. Alors, dans mon cas j’ai été obligée de gratter au plus profond de moi pour trouver des raisons à cette fin brutale, et je sais que ça a joué. Bien sûr, la raison principale, c’est que monsieur deux ans était incapable de construire une histoire, et qu’au moment d’en poser les fondations (maison, mariage…), il a eu peur. Alors adopter des enfants, n’en parlons pas.

La vie est mal fichue car la nature m’a doté d’une horloge biologique et d’instinct maternel, mais pas de quoi porter un bébé. Alors quand dans la rue, je vois des femmes avec des enfants qui se prennent des claques dans la figure, j’ai mal.
C’est injuste.

Bref, ce rêve cette nuit, ce n’est pas un hasard. J’ai failli écrire cette note hier soir, mais sans vraiment savoir quoi écrire.
J’ai passé une journée que j’adore, à regarder une série, à ne pas savoir l’heure qu’il est, et à manger n’importe quoi n’importe quand. Bref, un bon dimanche. Mais le soir, j’ai eu un sérieux coup de blues. Il me manque toujours quelque chose, et ce quelque chose, c’est quelqu’un. Quelqu’un avec qui partager tout ça, et construire une histoire. Et une famille.

Quoi que je fasse, ça revient.

Statut : séparé avec enfant

Ca me fend le coeur de voir des hommes sur les sites de rencontre, indiquant :

séparé, papa d’un garçon/d’une fille de 14/16/18 mois.

Dix-huit mois… L’enfant n’a même pas deux ans, et les parents sont déjà séparés.
Un enfant fait un voyage de neuf mois avant de naître. La grossesse est parfois un moment tendu, et s’ensuit une période vraiment pas marrante entre baby blues, changement de vie radical, nouvelle organisation à prendre, le couple évolue et tout ça est souvent surprenant pour des parents; mais de là à se retrouver célibataire chacun de son côté un an après…

Clairement, je suis vieux jeu, je le sais depuis longtemps. Alors j’ai du mal à comprendre cette épidémie de parents qui se séparent quelques mois après l’arrivée d’un enfant. Et je trouve ça fondamentalement triste. Un couple qui accueille un enfant a une responsabilité envers lui-même déjà, et envers l’enfant.
Ceci dit, vu le nombre de séparations et de divorces (enfant ou pas enfant)… c’est à se demander pourquoi et comment les gens se marient. Se connaissent-ils vraiment? Ont-ils envie d’être ensemble ou bien testent-ils un mode de vie? Vous comprenez ce que ça veut dire « faire un bout de chemin ensemble » ? A mes oreilles, ça sonne comme « on va essayer ». Et je trouve ça laid quand on parle d’amour.

Bien sûr, l’amour se construit, mais justement. Il n’est pas inné, puisque c’est la rencontre de deux personnes, deux vécus, deux bagages émotionnels, deux parcours de vie plus ou moins chaotiques. Le couple se construit, résiste aux orages, se solidifie, évolue…

Alors avec tout ça, vous comprendrez pourquoi j’ai vraiment l’impression d’être sur la lune, parfois.