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Les phrases qui tuent

Disclaimer : Attention, faites vous un thé, sortez les cookies. C’est un roman 🙂

Le déséquilibre me fascine autant qu’il me dégoûte. Et il se trouve que je suis entourée de gens déséquilibrés, et vous aussi car c’est très répandu d’entendre :

1- « Tu sors? Et yaura des nanas? » (dit la fille) / « Tu sors? Habillée comme ça? » (dit le mec)
2- « Non mais mon homme, c’est ma vie. Sans lui, je ne suis rien ».

Alors…

1 – Jalousie

Après le stress, pourrait-on déclarer la jalousie la deuxième plus grosse épidémie destructrice du moment?

D’un côté, il y a celui qui subit. De l’autre, celui qui impose.
Dans les deux cas, la souffrance est immense.

Quelques exemples:

  • Vouloir que l’autre ne sorte pas au restau avec ses amis sans nous (parce qu’il y a risque de croiser des gens donc d’être séduit)
  • Empêcher l’autre d’avoir un loisir à lui parce que ça nous prive de temps ensemble
  • Faire une crise de jalousie en criant dans toute la maison parce que l’autre rentre une heure plus tard que prévu
  • Angoisser parce que l’autre travaille entouré de trop de femmes/d’hommes
  • Insulter l’autre et arriver à lui dire « pauvre con**** » quand l’autre décide de sortir sans nous
  • Se sentir mal à l’aise si l’autre marche dans la rue et que d’autres personnes le/la regardent

Vous appelez ça de l’amour ?
Contraindre l’autre à n’être qu’un objet que vous autorisez (ou pas) à sortir / travailler / danser / manger / vivre ? Obliger l’autre à vivre à travers vous , c’est ça, aimer ?
Si la réponse est oui, je vous conseille fortement de consulter quelqu’un, ou mieux: procurez vous des livres sur le bien-être et sur le bouddhisme. Imprégnez vous de ce que vos émotions et vos actes peuvent engager comme dommages chez les autres et en vous. Puis examinez votre vie. Qu’en pensez-vous ?

Si je suis critique avec les jaloux, je le suis aussi avec ceux qui subissent.
De l’autre côté du miroir, donc derrière la personne jalouse, il y a celui ou celle qui se laisse mal traiter. Nous n’accepterions même pas que nos amis nous parlent ainsi ou contrôlent nos vies de cette manière possessive, pourquoi laisser quelqu’un qu’on aime le faire ? Si justement l’autre nous aime, il voudra notre bien et nous donnera le sourire et la force de surmonter les journées difficiles.
Au lieu de ça, l’autre nous écrase, nous insulte, nous enferme et nous prend notre énergie, notre liberté, notre vie. Et on laisse faire ? On a beau dire que c’est l’autre qui fait ceci ou celà avec ses comportements hystériques, c’est nous qui laissons faire. On peut mettre le hola, dire « je ne supporterai plus ça » et partir. Mais au nom de l’amour (je me demande bien lequel…), on reste.

2 – Coquilles vides

La seconde phrase me fait super peur à entendre, parce qu’elle voudrait dire que la personne que j’ai en face n’est rien sans l’autre qu’elle aime. Ne vit que par l’autre encore une fois. C’est étonnant d’imaginer que la personne est réellement en train de dire qu’elle ne serait RIEN sans l’autre. Vous savez ce que c’est, rien? Avez-vous déjà eu ce manque terrible du « rien » ? Ne rien manger, ne rien boire ? Je crois plutôt que les gens parlent à tort et à travers.

Avant la rencontre avec l’autre, on sait très bien vivre seul puisqu’on se lève, on travaille, on étudie, on a des loisirs, on mange ce qu’on veut, on a des amis, on fait du sport, de la musique, on va au cinéma. Et puis un jour, il y a la rencontre.
Pour certains, elle canalise toutes nos envies et on fusionne. On devient un couple, une chose à deux corps et une tête et on oublie qu’un couple, c’est surtout 1 + 1. On oublie qu’une rencontre, c’est avant tout deux personnes qui se croisent: deux histoires, deux vécus, deux personnalités. Et c’est une expérience tellement riche!

Au lieu de savourer cette chance, le couple se couvre de mots dégoulinants de non-sens, tels que « mon bébé » (pardon mais j’aimerais avoir tout sauf un bébé en face de moi); puis à réfléchir à une seule tête.
Au lieu de s’aimer soi-même, on aime l’image que l’autre nous renvoie de nous. Et on se met à tout confondre, à imaginer que sans l’autre, rien n’a de saveur, de couleur, de son. Mais c’est parce qu’on est une personne à part entière que l’autre nous as vu et nous aime! Que peut aimer l’autre si tout ce qu’il voit en nous est un reflet (donc pâle, inconsistant) de lui même ? Comment s’étonner ensuite que la relation s’étiole, puisque la seule relation restante est celle d’une personne voyant en l’autre un miroir lointain d’elle-même, comme un mirage étiolé ?

Cette notion d’attachement est une notion clé du bouddhisme, ce dernier explique que c’est à cause de cet attachement qu’on souffre. Et l’autre notion clé du bouddhisme, c’est bien l’arrêt de la souffrance que ça soit en nous ou chez les autres. Personne ne souhaite souffrir, mais on s’attache. Vous imaginez l’image que ça donne au 1er degré ? S’attacher à quelqu’un, c’est assez contraignant, non ? Bien sûr on dit qu’on est attaché à quelqu’un quand on veut dire qu’on lie nos sentiments à cette personne, quand on a envie de la voir, quand on l’aime.
Mais la limite est vite franchie entre aimer quelqu’un et posséder quelqu’un. On se met à imaginer qu’il est à nous et qu’il vit pour nous, alors que la merveille de la vie est qu’on peut aimer quelqu’un qui restera entièrement lui-même et à lui-même. Et il sera ainsi capable de nous donner tout l’amour possible, parce qu’il aura de quoi donner. Que peut donner quelqu’un qui n’est que votre reflet ?

 

Vous voyez, ça confirme mon sentiment sur le monde: il tourne à l’envers, et toute cette souffrance mal placée me rend triste. Quel gâchis ! Que de gens qui souffrent, qui subissent, qui ont mis sur leur nez les lunettes de la possession, de la jalousie, alors qu’en les enlevant, on voit le monde différemment. Plus sereinement. Bien sûr, on a souvent besoin de quelques moments pour s’habituer à cette nouvelle vision, mais on finit toujours par en sortir plus serein. Si la tristesse est communicative, le truc bien c’est que le sourire l’est aussi. Essayez de ne pas sourire à quelqu’un qui vous sourit, et dites m’en des nouvelles 🙂

旅途

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