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Ce qu’ils nous laissent.

Je viens de réaliser que c’est grâce à Mark que j’écoute en ce moment cette superbe chanson de Phish (groupe malheureusement méconnu en France).
Mark… C’était les premiers échanges en ligne de l’époque (sur Yahoo Chat, je crois). Et puis des balades dans les magasins de musique de Pigalle. Et des après-midi à écouter de la musique chez lui. Phish, Cake… du bon son.
Je me souviens aussi de la douceur de ses jambes, juste poilues comme il faut. Cette émotion innocente.

Et je me dis avec un sourire que c’est génial, ce que les gens nous laissent. C’est plus qu’un souvenir, vous voyez.

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Boîte à trésors

Il y a quelques jours, je me suis vue pédaler dans le vide. Evidemment, c’était juste une impression, mais bosser autant pour des projets à moyen/long terme, ça peut faire cet effet là.

Et ça m’a frappé, du coup, de penser aux différentes vies que j’ai eu.
Je ne suis pas seulement ici et maintenant une nana sans le sou et un peu seule: je suis aussi cette personne qui a vécu neuf vies. Ou six? Ou quinze. Bref, peu importe, cette pensée me réconforte et m’assure que même si la vie réserve des détours, ce sont des moments qui resteront au creux de soi.

Light | via Tumblr

Ainsi défilent des lieux, des gens, des ambiances, des sons, des moments forts… tout ça est comme une boîte à trésor. On ne l’ouvre presque jamais, mais quand le moment arrive, ça fait écarquiller les yeux.

Moi à 10 ans chez mes grands-parents outre Atlantique. Mon premier amour et notre petit appart dans le 13ème à Paris. Sa grand-mère dans le Sud. En famille avec parents, oncle, cousines, en Normandie il y a un an. Detroit, où j’ai passé une semaine chez un flirt rencontré sur internet. Londres, premier voyage toute seule, à l’aventure.

Bref, c’est varié, ça vient comme ça vient, en vrac.
Maintenant c’est le moment de refermer la boîte à souvenirs.
Je la range.

Et vous, ça vous arrive aussi ?

Elle me manque, parfois

Elle me manque parfois, la ville lumière.

PARTIE 1
Y habiter était pénible, c’est toujours la même rengaine: le métro bondé, les gens peu aimables (pour rester polie), le béton partout, le gris et la pollution, le coca à 3€80 et dans mon cas, un quartier populaire trop agité l’été avec un loyer quand même extra-supra-cher. Se faire emmerder tous les soirs en bas de son immeuble, c’était difficile à supporter. Les bacs à fleurs qu’entre voisins on fleurissait sur le trottoir, saccagés par des jeunes racailles, c’était sûrement le symbole qui m’a fait le plus ch***.

Mais en balade, Paris est une ville extra. Lumineuse. Vibrante et fourmillante. Et il y a des trucs qui me manquent, à propos de Paris.
Déjà, cette vue… :

Et aussi courir le long des quais le dimanche matin, le moment où la ville n’appartient qu’aux rares joggeurs… et aux mouettes 🙂
Le Louvre ! Etant férue d’art et d’histoire, ce musée c’est la Caverne d’Ali Baba, magique et infinie.
M’installer à une terrasse avec un coca et regarder passer les gens. Leur imaginer une vie. Où ils vont, si pressés, et avec qui ils sont dans la vie. A quoi ressemble leur intérieur. Ici, on connaît tout le monde, l’imagination n’a plus lieu d’être…
Une envie de restau pas cher, végétarien, ouvert le lundi ? Largement faisable à Paris.
Et aussi, les possibilités de rencontre quasi infinies. Professionnelles, amicales ou amoureuses.

Mais je sais aussi qu’en visite à la capitale, j’ai hâte de retrouver mon coin de campagne et mon douillet chez moi.
Téléportation, je vote pour toi comme urgence scientifique à résoudre !

Parfois, je comprends mieux mon amie qui habite entre ici et Paris. Elle a besoin des deux, me dit-elle. Les deux premiers mois ici, je ne comprenais pas. Il y a quelque chose de vital ici. Oui, mais…

Dans mon article « Vertige », j’ai parlé de certaines choses auxquelles on pense et qui nous donnent le vertige. Eh bien ça en est une, ça : imaginons que l’été dernier, j’ai trouvé un boulot bien payé au lieu de me mettre à mon compte et de migrer au vert.
J’aurais quitté mon 20m² pour emménager dans un appartement plus grand, sûrement en banlieue calme. J’aurais acheté une voiture. J’aurais eu un bon confort de vie, j’aurais eu l’assurance d’avoir des centaines d’euros sur mon compte tous les 30 du mois. J’aurais continué à faire des expos à Paris / à aller en soirées / aux concerts salle Pleyel / au restau / à faire des voyages / des week-ends.
J’imagine parfois mes vies parallèles, et ça me donne vraiment le vertige. Les jours de pluie intérieure, je me demande si j’ai fait les bons choix. On ne peut jamais tout avoir (ou très rarement), et je sais que ce que je voulais vraiment dans la vie, je l’ai à 90%. C’est un bon chiffre, je crois.

PARTIE 2
Autant de questions que je ne me pose pas des matins comme aujourd’hui, en fait.
J’ai couru dans les bois, au loin j’entendais les chèvres et le tintement de leurs cloches.  J’ai couru au dessus de ruisseaux qui chantaient paisiblement. J’ai glissé sur des feuilles. J’ai senti la lumière sur mon corps comme une décharge pure de vitamine D (et de bonheur).
Je n’échangerai ma place pour rien au monde. J’ai juste envie d’avoir les moyens de venir à Paris de temps en temps… 😉

Countryside

Before Sunset

« Before sunset » est un film juste sublime.
A un moment donné, le personnage de Celine dit:

Each relationship, when it ends, it damages me. I never fully recover.

(Chaque histoire, quand elle finit, elle m’abîme. Je ne m’en remets jamais vraiment.)

C’est tout à fait ce que je sentais jusqu’à ce que je voie ce film.
Je ne suis pas la seule à porter en moi cette triste nostalgie de petites choses qui ont existé, et qui sont parties avec les gens qui les ont emporté. Je me suis beaucoup reconnue dans ce personnage, et ça m’a fait du bien.

Et même si parfois je me dis que je ne serai plus jamais amoureuse comme avant, vu le mal que ça m’a fait, je sais que je peux accepter cette tristesse et passer outre et me reconstruire petit à petit. Malgré tout. Mais ça me demande un effort. Ou un coup de foudre. Et comme ça n’est pas encore arrivé depuis mon ex (je différencie coup de coeur et coup de foudre)… on verra.

Souvenirs, souvenirs

Non mais quelle idée de cliquer sur ce répertoire. Il était bien caché, au fond d’un dossier « bazar », lui même caché dans un dossier « à ranger ». Et voilà qu’en l’ouvrant, j’ai réveillé le passé et il a débarqué avec ses amis « boule au ventre », « souvenirs plein de lumière » et « nostalgie ». Une boîte de Pandore, oui, carrément !

Le contraste entre ces moments et ma vie d’aujourd’hui est net. Les maux de coeur, les phases difficiles au bureau, les amitiés qui se diluent, la famille qui s’éloigne… C’est le temps qui passe, l’expérience. Certains diront la maturité et ça rend riche et c’est cool.
Alors c’est ça que j’ai en échange? Une prudence à outrance parce que j’ai peur d’avoir mal, l’envie folle de rencontrer quelqu’un, mais la peur que ça ne marche pas, chaque choix dans la vie pesé et réfléchi… Mais rendez-moi mon innocente spontanéité!

Dans la boîte de Pandore donc, il y a des photos où j’ai bien mes 20 ans et une silhouette parfaite (merci le sport intensif à l’époque), des e-mails, des logs de chat (à l’époque c’était ICQ et IRC…). Bref, plein de documents qui rappellent qu’en 2000, j’avais 20 ans, toute ma spontanéité, tout était possible. Je me prenais des coups, mais aussi des coups de foudre. Tout n’était pas rose, je ne vais quand même pas tomber dans le cliché de dire « ha, jétais jeune, tout était génial ».

Il y avait N, Y, X, et Vincent. Des amis, des prétendants, des amoureux. Et une envie folle de savoir ce qu’ils sont devenus.

Vincent, cher Vincent, je t’aimais, mais je t’ai éloigné car étant chacun avec quelqu’un, notre histoire était impossible. Qu’es-tu devenu? Es-tu heureux? As-tu trouvé ce dont tu as toujours rêvé? Es-tu avec quelqu’un, et as-tu toujours un visage aussi doux que ta voix? Si l’on se voyait aujourd’hui, se plairait-on de manière aussi magnétique qu’il y a 14 ans? Si je me souvenais de ton nom de famille, j’aurais tenté une recherche Facebook, Twitter et tout ce qu’on veut.
Quant à N et X, Facebook les affiche heureux parents. Et moi, je suis toute seule chez moi. Le contraste entre ma vie d’avant et aujourd’hui n’a jamais été aussi piquant. C’est désagréable.

Bref, ce soir je suis seule avec mes souvenirs. Ha non, tiens, je viens de recevoir un message sur un site de rencontre! Mais ça, c’est une autre histoire.