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J’ai le droit

Je crois que c’est l’avancée majeure de cet automne pour moi.

Je suis quelqu’un à part entière, et j’ai des sentiments, des préférences, des envies.

J’ai le droit de me sentir peinée. J’ai le droit de ne pas avoir envie. J’ai le droit de penser ça. J’ai le droit d’être triste. J’ai le droit de choisir qui je côtoie. J’ai le droit de dire à quelqu’un qu’il empiète sur mes droits. J’ai le droit, bordel, je suis quelqu’un aussi et pas juste un faire-valoir ou une potiche ou un avatar.

Et ça fait du bien de revenir à la vie comme ça.

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Trois ans après.

OUAH. OH P*** DE MERDE.

J’ai reçu un mail ce matin qui m’a bouleversée. J’ai vu l’expéditeur, puis le sujet du mail, et je suis partie hurler dans mon appart. De surprise, de choc. C’était J. qui m’écrivait, trois ans après.

Alors pour replacer un peu le contexte et le pourquoi du comment, cet homme dont j’ai été amoureuse m’a laissée toute petite, le coeur en mille morceaux.

Retour en arrière sur mon blog où j’en parlais rapidement :

Je disais que mon coeur a trois fois été brisé. Alors la première fois, l’échange était intense, mais virtuel. Ainsi, l’homme que j’ai rencontré cet après-midi là ne correspondait pas tout à fait à ses photos, mais je m’étais attachée à ce qu’il m’avait écrit durant des semaines, un flot de sensibilité qui sortait presque malgré lui de son inconscient, son enfance, bref, des confidences. Des bisous et une tentative de calin plus tard, je ne me sentais pas prête à aller plus loin avec lui, sachant qu’il vivait très bien son célibat. Il ne laissait aucun avenir pour nous deux, dans deux villes éloignées par 2H de TGV.

Nous avions des sentiments l’un pour l’autre, mais nous n’avions pas été plus loin que des marques de tendresse et de jolis moments, je sentais qu’il avait besoin de temps, tel un ours dont on vient envahir la grotte. Puis je n’embrasse pas n’importe qui, donc me balader avec lui main dans la main et lui baiser les lèvres, c’était déjà beaucoup. Bref.

Son mail est plein de beaux mots, des choses que je n’imaginais pas qu’il pensait. Il dit que ça le rongeait depuis tout ce temps (hum, trois ans…). Que j’avais été extraordinaire et super chouette et que lui m’avait tellement fait du mal. Il s’en voulait et s’en veut tellement.

Ca me fait tellement de bien d’entendre ça, et au même temps, tellement de mal. Ca me rappelle combien je souffrais parce qu’il m’a ignorée à mon retour à Paris. Silence. Zéro mot. Rien. Cette blessure là, puisque ce n’était pas lui qui l’avait guérie, je l’ai recousue toute seule.
Alors son message ce matin réveille cette blessure, tout en l’apaisant.

Je ne sais pas bien expliquer à quel point je suis bouleversée par ce message, venant d’un homme qui était tellement solitaire, tellement blindé d’une carapace solide, tellement trop raisonnable… Et puis surtout, je ne sais pas ce qu’il attend vraiment de moi. Il me dit ne pas attendre de réponse, il dit même que peut-être je l’ai oublié (tu parles, il n’y a pas une saison où je ne pense pas à lui…).

Je ne sais pas quoi faire.
Je vais laisser les mots reposer, puis j’écouterai mon coeur. Comme d’hab…

Les phrases qui tuent

Disclaimer : Attention, faites vous un thé, sortez les cookies. C’est un roman 🙂

Le déséquilibre me fascine autant qu’il me dégoûte. Et il se trouve que je suis entourée de gens déséquilibrés, et vous aussi car c’est très répandu d’entendre :

1- « Tu sors? Et yaura des nanas? » (dit la fille) / « Tu sors? Habillée comme ça? » (dit le mec)
2- « Non mais mon homme, c’est ma vie. Sans lui, je ne suis rien ».

Alors…

1 – Jalousie

Après le stress, pourrait-on déclarer la jalousie la deuxième plus grosse épidémie destructrice du moment?

D’un côté, il y a celui qui subit. De l’autre, celui qui impose.
Dans les deux cas, la souffrance est immense.

Quelques exemples:

  • Vouloir que l’autre ne sorte pas au restau avec ses amis sans nous (parce qu’il y a risque de croiser des gens donc d’être séduit)
  • Empêcher l’autre d’avoir un loisir à lui parce que ça nous prive de temps ensemble
  • Faire une crise de jalousie en criant dans toute la maison parce que l’autre rentre une heure plus tard que prévu
  • Angoisser parce que l’autre travaille entouré de trop de femmes/d’hommes
  • Insulter l’autre et arriver à lui dire « pauvre con**** » quand l’autre décide de sortir sans nous
  • Se sentir mal à l’aise si l’autre marche dans la rue et que d’autres personnes le/la regardent

Vous appelez ça de l’amour ?
Contraindre l’autre à n’être qu’un objet que vous autorisez (ou pas) à sortir / travailler / danser / manger / vivre ? Obliger l’autre à vivre à travers vous , c’est ça, aimer ?
Si la réponse est oui, je vous conseille fortement de consulter quelqu’un, ou mieux: procurez vous des livres sur le bien-être et sur le bouddhisme. Imprégnez vous de ce que vos émotions et vos actes peuvent engager comme dommages chez les autres et en vous. Puis examinez votre vie. Qu’en pensez-vous ?

Si je suis critique avec les jaloux, je le suis aussi avec ceux qui subissent.
De l’autre côté du miroir, donc derrière la personne jalouse, il y a celui ou celle qui se laisse mal traiter. Nous n’accepterions même pas que nos amis nous parlent ainsi ou contrôlent nos vies de cette manière possessive, pourquoi laisser quelqu’un qu’on aime le faire ? Si justement l’autre nous aime, il voudra notre bien et nous donnera le sourire et la force de surmonter les journées difficiles.
Au lieu de ça, l’autre nous écrase, nous insulte, nous enferme et nous prend notre énergie, notre liberté, notre vie. Et on laisse faire ? On a beau dire que c’est l’autre qui fait ceci ou celà avec ses comportements hystériques, c’est nous qui laissons faire. On peut mettre le hola, dire « je ne supporterai plus ça » et partir. Mais au nom de l’amour (je me demande bien lequel…), on reste.

2 – Coquilles vides

La seconde phrase me fait super peur à entendre, parce qu’elle voudrait dire que la personne que j’ai en face n’est rien sans l’autre qu’elle aime. Ne vit que par l’autre encore une fois. C’est étonnant d’imaginer que la personne est réellement en train de dire qu’elle ne serait RIEN sans l’autre. Vous savez ce que c’est, rien? Avez-vous déjà eu ce manque terrible du « rien » ? Ne rien manger, ne rien boire ? Je crois plutôt que les gens parlent à tort et à travers.

Avant la rencontre avec l’autre, on sait très bien vivre seul puisqu’on se lève, on travaille, on étudie, on a des loisirs, on mange ce qu’on veut, on a des amis, on fait du sport, de la musique, on va au cinéma. Et puis un jour, il y a la rencontre.
Pour certains, elle canalise toutes nos envies et on fusionne. On devient un couple, une chose à deux corps et une tête et on oublie qu’un couple, c’est surtout 1 + 1. On oublie qu’une rencontre, c’est avant tout deux personnes qui se croisent: deux histoires, deux vécus, deux personnalités. Et c’est une expérience tellement riche!

Au lieu de savourer cette chance, le couple se couvre de mots dégoulinants de non-sens, tels que « mon bébé » (pardon mais j’aimerais avoir tout sauf un bébé en face de moi); puis à réfléchir à une seule tête.
Au lieu de s’aimer soi-même, on aime l’image que l’autre nous renvoie de nous. Et on se met à tout confondre, à imaginer que sans l’autre, rien n’a de saveur, de couleur, de son. Mais c’est parce qu’on est une personne à part entière que l’autre nous as vu et nous aime! Que peut aimer l’autre si tout ce qu’il voit en nous est un reflet (donc pâle, inconsistant) de lui même ? Comment s’étonner ensuite que la relation s’étiole, puisque la seule relation restante est celle d’une personne voyant en l’autre un miroir lointain d’elle-même, comme un mirage étiolé ?

Cette notion d’attachement est une notion clé du bouddhisme, ce dernier explique que c’est à cause de cet attachement qu’on souffre. Et l’autre notion clé du bouddhisme, c’est bien l’arrêt de la souffrance que ça soit en nous ou chez les autres. Personne ne souhaite souffrir, mais on s’attache. Vous imaginez l’image que ça donne au 1er degré ? S’attacher à quelqu’un, c’est assez contraignant, non ? Bien sûr on dit qu’on est attaché à quelqu’un quand on veut dire qu’on lie nos sentiments à cette personne, quand on a envie de la voir, quand on l’aime.
Mais la limite est vite franchie entre aimer quelqu’un et posséder quelqu’un. On se met à imaginer qu’il est à nous et qu’il vit pour nous, alors que la merveille de la vie est qu’on peut aimer quelqu’un qui restera entièrement lui-même et à lui-même. Et il sera ainsi capable de nous donner tout l’amour possible, parce qu’il aura de quoi donner. Que peut donner quelqu’un qui n’est que votre reflet ?

 

Vous voyez, ça confirme mon sentiment sur le monde: il tourne à l’envers, et toute cette souffrance mal placée me rend triste. Quel gâchis ! Que de gens qui souffrent, qui subissent, qui ont mis sur leur nez les lunettes de la possession, de la jalousie, alors qu’en les enlevant, on voit le monde différemment. Plus sereinement. Bien sûr, on a souvent besoin de quelques moments pour s’habituer à cette nouvelle vision, mais on finit toujours par en sortir plus serein. Si la tristesse est communicative, le truc bien c’est que le sourire l’est aussi. Essayez de ne pas sourire à quelqu’un qui vous sourit, et dites m’en des nouvelles 🙂

旅途

Elle a pris ma place

Ce matin je me suis réveillée avec un rêve qui colle à la peau et qui me laisse dans un état désagréable.
Dans ce rêve, j’étais chez mon ex et sa copine, comme si nous étions tous potes. Je regardais la maison, je notais les améliorations, les travaux qui avaient été faits que nous n’avions pas eu le temps de finir, je me disais que sa copine était plus jolie que dans mon souvenir, et j’admirais leur bébé.

Un matin, monsieur deux ans m’a quittée. En se levant, il m’a dit que ça n’allait pas. Que c’était fini.
Nous étions sur le point de signer pour une maison qu’on avait repéré tous les deux, on parlait mariage et enfants. Alors j’ai mis une année pour m’en remettre, une autre année pour me reconstruire, et cette année pour me rendre compte que je n’avais pas pris la bonne direction et que je voulais autre chose pour ma vie. Et le constat de ces trois ans c’est ça : « elle a pris ma place ».

Un mois et demi après m’avoir quitté parce qu’il voulait « être seul et faire le tour du monde et qu’être deux de toutes façons c’est compliqué », il a rencontré une fille. Blonde comme moi. Les yeux bleus comme moi. La même taille. La même corpulence. Douce comme moi. Bref, cette fille, c’était mon double mais en mieux.
Et surtout, elle lui a donné un enfant.

Car en effet, je ne peux pas avoir d’enfant. Avec moi, avoir des enfants, ça veut dire adopter. Parfois, les mecs tombent amoureux de vous et sont heureux de ce projet, ils trouvent ça admirable et ils veulent adopter avec vous. Créer une famille en chérissant des enfants sans amour qui vous attendent quelque part dans le monde. Et puis… un jour, ils se rendent compte qu’ils veulent passer leur ADN plutôt, qu’ils veulent tenir dans leur bras la chair de leur chair, et ils s’en vont. Parfois sans bruit à pas feutrés, parfois ils vous disent un matin que c’est fini, sans savoir pourquoi. Alors, dans mon cas j’ai été obligée de gratter au plus profond de moi pour trouver des raisons à cette fin brutale, et je sais que ça a joué. Bien sûr, la raison principale, c’est que monsieur deux ans était incapable de construire une histoire, et qu’au moment d’en poser les fondations (maison, mariage…), il a eu peur. Alors adopter des enfants, n’en parlons pas.

La vie est mal fichue car la nature m’a doté d’une horloge biologique et d’instinct maternel, mais pas de quoi porter un bébé. Alors quand dans la rue, je vois des femmes avec des enfants qui se prennent des claques dans la figure, j’ai mal.
C’est injuste.

Bref, ce rêve cette nuit, ce n’est pas un hasard. J’ai failli écrire cette note hier soir, mais sans vraiment savoir quoi écrire.
J’ai passé une journée que j’adore, à regarder une série, à ne pas savoir l’heure qu’il est, et à manger n’importe quoi n’importe quand. Bref, un bon dimanche. Mais le soir, j’ai eu un sérieux coup de blues. Il me manque toujours quelque chose, et ce quelque chose, c’est quelqu’un. Quelqu’un avec qui partager tout ça, et construire une histoire. Et une famille.

Quoi que je fasse, ça revient.

Le chat et la souris, encore.

Nico, Nico, Nico.

Ca fait plus de deux mois qu’on joue vraiment à cache-cache (d’ailleurs, j’ai même employé ce même terme pour parler de lui il y a quelques semaines déjà). C’est comme une danse de salon: j’avance, il me suit. Je recule, il recule. Alors je fais une pause. J’avance. Il recule. C’est juste n’importe quoi.

Dernier épisode: il était à ma dé-crémaillère. Il est parti parmi les premiers. Après la soirée, s’en est suivi un long échange par SMS où j’ai fini par dire que j’étais contente de l’avoir vu, qu’il était tout beau (pas en costume pour une fois, je n’aime PAS les costumes-cravates, sauf sur Jason Momoa. Mais je m’égare). Effet « je quitte Paris » ou réel attachement pour Nico? Sur le coup, je me sentais prête à peut-être tenter quelque chose. Mais sa réponse m’a calmée. Pour de bon. Un simple « Ok, bonne nuit ».

Résultat, j’ai super mal dormi et j’imaginais avoir un SMS de lui le matin. Non. Le midi. Non. Le soir, enfin, il m’explique qu’il me fuyait. Qu’il était gêné. Qu’il se sentait mal. En gros, il a pris du poids et se sent obèse. J’ai beau lui avoir dit 50 fois que ça ne se voyait pas (j’ai cru m’évanouir quand il m’a donné son poids. Car ça ne se voit tellement pas…). Bref, il est mal dans sa peau, et puis on a tellement joué le jeu du chat & de la souris en inversant les rôles, qu’il ne sait plus sur quel pied danser. Il aime mes fesses, mes mains, mes yeux, et surtout mes fesses. Je suis « jolie, douce, apaisante, créative ». Mais ça ne colle pas, ni pour lui ni pour moi. Quand j’étais partante, il ne l’était pas. Et inversement.
Comme le célèbre « Suis moi, je te fuis / Fuis moi, je te suis ».

Du coup, flashback sur mes histoires, les trois qui ont compté. Quatre ans, six ans, deux ans. Le point commun? Je ne me suis jamais demandé pour aucun de mes amoureux si « ça le ferait peut-être », ou si j’arrivais à m’imaginer au lit avec, ou si j’en avais envie, ou si j’aimerais son corps, ou si on irait bien ensemble, ou si j’avais des sentiments. J’ai juste vécu la rencontre et la découverte de manière totalement spontanée et entière.

Quel contraste avec là, où je me demande si je pourrais tomber amoureuse, sur la nature de ce que je ressens, si physiquement j’aimerais être contre lui… (oui, mais pas plus). Bref, je pense que j’ai juste essayé que ça marche. C’est tout.

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