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Ce qu’ils nous laissent.

Je viens de réaliser que c’est grâce à Mark que j’écoute en ce moment cette superbe chanson de Phish (groupe malheureusement méconnu en France).
Mark… C’était les premiers échanges en ligne de l’époque (sur Yahoo Chat, je crois). Et puis des balades dans les magasins de musique de Pigalle. Et des après-midi à écouter de la musique chez lui. Phish, Cake… du bon son.
Je me souviens aussi de la douceur de ses jambes, juste poilues comme il faut. Cette émotion innocente.

Et je me dis avec un sourire que c’est génial, ce que les gens nous laissent. C’est plus qu’un souvenir, vous voyez.

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Usés ?

Est-ce que les souvenirs s’usent ?

J’ai écouté « Né quelque part », de Maxime Le Forestier, et ça m’a replongée 27 ans en arrière.
J’avais envie de ressentir cette même émotion, la même depuis mon enfance. Vous pensez que les souvenirs s’étirent quand on les appelle trop souvent ?

Boîte à trésors

Il y a quelques jours, je me suis vue pédaler dans le vide. Evidemment, c’était juste une impression, mais bosser autant pour des projets à moyen/long terme, ça peut faire cet effet là.

Et ça m’a frappé, du coup, de penser aux différentes vies que j’ai eu.
Je ne suis pas seulement ici et maintenant une nana sans le sou et un peu seule: je suis aussi cette personne qui a vécu neuf vies. Ou six? Ou quinze. Bref, peu importe, cette pensée me réconforte et m’assure que même si la vie réserve des détours, ce sont des moments qui resteront au creux de soi.

Light | via Tumblr

Ainsi défilent des lieux, des gens, des ambiances, des sons, des moments forts… tout ça est comme une boîte à trésor. On ne l’ouvre presque jamais, mais quand le moment arrive, ça fait écarquiller les yeux.

Moi à 10 ans chez mes grands-parents outre Atlantique. Mon premier amour et notre petit appart dans le 13ème à Paris. Sa grand-mère dans le Sud. En famille avec parents, oncle, cousines, en Normandie il y a un an. Detroit, où j’ai passé une semaine chez un flirt rencontré sur internet. Londres, premier voyage toute seule, à l’aventure.

Bref, c’est varié, ça vient comme ça vient, en vrac.
Maintenant c’est le moment de refermer la boîte à souvenirs.
Je la range.

Et vous, ça vous arrive aussi ?

High in the sky

Ces jours-ci, je m’envoie en l’air.

Quand je vois des avions passer, depuis toute petite je me demande où ils vont. Les gens rentrent-ils chez eux? Vont-ils en voyage ? Sont-ils tristes ? Ont-ils laissé quelqu’un derrière ? Vont-ils retrouver de la famille ?
Avec mon jeu de mot pourri, vous aurez compris, rien à avoir avec le fait de coucher avec quelqu’un, non non, toujours personne en vue.

Ce week-end, donc, j’ai vu passer plusieurs avions dans le ciel azur. Je me suis téléportée sur un siège, à côté de quelqu’un, et j’ai observé les gens autour. Je crois que dans cet avion, on allait à Marrakech 🙂 J’étais du côté couloir, à côté d’un homme au gilet bleu. Je crois qu’il était pété de trouille, mais n’en laissait rien paraître. Puis plus rien. Mon imagination s’est arrêtée.

Ca m’a donné le vertige (vous vous dites, mais elle est complètement cinglée, elle, elle prend quoi ?) (non ?)
Je ne prends rien. Depuis toujours, j’ai une faculté à tripper toute seule, au point que dans les soirées où j’allais, on avait du mal à me croire. Non, je n’ai rien sur moi, je ne prends rien, j’aime juste danser. Imaginer. Tripper.
Peut-être que j’ai un taux naturel d’acide assez élevé, pas besoin de joint, d’acide, de coke… Je plane toute seule!

Allez, je me repasse « Love like Blood » pour la 11ème fois et je me souviens. Les soirées, la musique, les gens.
Je trippe.

Souvenir-bulle

Un souvenir vient de remonter à la surface, comme une bulle qu’on remarque juste parce qu’elle éclate.

J’ai 18 ans, je marche dans le XVème arrondissement à  la recherche de l’immeuble d’un ami chez qui je vais pour la première fois. Je n’ai jamais trouvé l’immeuble de mon ami (et à l’époque, les téléphones portables étaient rares, je me souviens avoir essayé de l’appeler d’une cabine -bref-) mais en tournant dans le quartier, j’ai rencontré X, à qui j’ai demandé ma route et avec qui on a fini par se balader toute la soirée. J’ai réellement oublié son prénom.

*plein de petits flashs me reviennent*

Je me rappelle par contre de ses cheveux, bruns et bouclés à la Mika. Son blouson revêche. Les barrières anti-manifestants près de la place où il m’a embrassée à la lumière tamisée des lampadaires parisiens. Ce baiser magnifique, spontané, qui sentait la cigarette, mais très légèrement seulement, comme pour parfumer un souvenir qui se créait. Je me souviens de chez lui, studio d’étudiant rempli de bouquins. Sa surprise mécontente quand il a découvert que j’ignorais qui était Jeff Buckley (qui venait de mourir ce printemps 1997). Et que par dessus le marché, je n’avais encore rien lu de Max Gallo.

On s’est appelés deux ou trois fois après ça, mais il était encore amoureux de son ex. End of story. End of memory.

Qui que tu sois, tu m’as laissé un joli soleil dans la tête. Merci infiniment, c’est de ces soleils dont je me nourris les jours de pluie.
Et en plus, je suis devenue fan de Buckley et de Gallo… Si tu savais 😉

(oui, je parle à mes souvenirs-fantômes)