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Ex corpore

Tiens, autre chose qui m’intrigue :
m’imaginer en face de moi, en train de me regarder comme si j’étais quelqu’un d’autre.
Ex corpore. En dehors de mon corps.

A quoi est-ce que je ressemble vraiment ? Quel effet ça fait de me voir ? Quelle tête fais-je quand je suis concentrée ? (une drôle de tête je pense)

Bim, vertige 😀

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High in the sky

Ces jours-ci, je m’envoie en l’air.

Quand je vois des avions passer, depuis toute petite je me demande où ils vont. Les gens rentrent-ils chez eux? Vont-ils en voyage ? Sont-ils tristes ? Ont-ils laissé quelqu’un derrière ? Vont-ils retrouver de la famille ?
Avec mon jeu de mot pourri, vous aurez compris, rien à avoir avec le fait de coucher avec quelqu’un, non non, toujours personne en vue.

Ce week-end, donc, j’ai vu passer plusieurs avions dans le ciel azur. Je me suis téléportée sur un siège, à côté de quelqu’un, et j’ai observé les gens autour. Je crois que dans cet avion, on allait à Marrakech 🙂 J’étais du côté couloir, à côté d’un homme au gilet bleu. Je crois qu’il était pété de trouille, mais n’en laissait rien paraître. Puis plus rien. Mon imagination s’est arrêtée.

Ca m’a donné le vertige (vous vous dites, mais elle est complètement cinglée, elle, elle prend quoi ?) (non ?)
Je ne prends rien. Depuis toujours, j’ai une faculté à tripper toute seule, au point que dans les soirées où j’allais, on avait du mal à me croire. Non, je n’ai rien sur moi, je ne prends rien, j’aime juste danser. Imaginer. Tripper.
Peut-être que j’ai un taux naturel d’acide assez élevé, pas besoin de joint, d’acide, de coke… Je plane toute seule!

Allez, je me repasse « Love like Blood » pour la 11ème fois et je me souviens. Les soirées, la musique, les gens.
Je trippe.

Elle me manque, parfois

Elle me manque parfois, la ville lumière.

PARTIE 1
Y habiter était pénible, c’est toujours la même rengaine: le métro bondé, les gens peu aimables (pour rester polie), le béton partout, le gris et la pollution, le coca à 3€80 et dans mon cas, un quartier populaire trop agité l’été avec un loyer quand même extra-supra-cher. Se faire emmerder tous les soirs en bas de son immeuble, c’était difficile à supporter. Les bacs à fleurs qu’entre voisins on fleurissait sur le trottoir, saccagés par des jeunes racailles, c’était sûrement le symbole qui m’a fait le plus ch***.

Mais en balade, Paris est une ville extra. Lumineuse. Vibrante et fourmillante. Et il y a des trucs qui me manquent, à propos de Paris.
Déjà, cette vue… :

Et aussi courir le long des quais le dimanche matin, le moment où la ville n’appartient qu’aux rares joggeurs… et aux mouettes 🙂
Le Louvre ! Etant férue d’art et d’histoire, ce musée c’est la Caverne d’Ali Baba, magique et infinie.
M’installer à une terrasse avec un coca et regarder passer les gens. Leur imaginer une vie. Où ils vont, si pressés, et avec qui ils sont dans la vie. A quoi ressemble leur intérieur. Ici, on connaît tout le monde, l’imagination n’a plus lieu d’être…
Une envie de restau pas cher, végétarien, ouvert le lundi ? Largement faisable à Paris.
Et aussi, les possibilités de rencontre quasi infinies. Professionnelles, amicales ou amoureuses.

Mais je sais aussi qu’en visite à la capitale, j’ai hâte de retrouver mon coin de campagne et mon douillet chez moi.
Téléportation, je vote pour toi comme urgence scientifique à résoudre !

Parfois, je comprends mieux mon amie qui habite entre ici et Paris. Elle a besoin des deux, me dit-elle. Les deux premiers mois ici, je ne comprenais pas. Il y a quelque chose de vital ici. Oui, mais…

Dans mon article « Vertige », j’ai parlé de certaines choses auxquelles on pense et qui nous donnent le vertige. Eh bien ça en est une, ça : imaginons que l’été dernier, j’ai trouvé un boulot bien payé au lieu de me mettre à mon compte et de migrer au vert.
J’aurais quitté mon 20m² pour emménager dans un appartement plus grand, sûrement en banlieue calme. J’aurais acheté une voiture. J’aurais eu un bon confort de vie, j’aurais eu l’assurance d’avoir des centaines d’euros sur mon compte tous les 30 du mois. J’aurais continué à faire des expos à Paris / à aller en soirées / aux concerts salle Pleyel / au restau / à faire des voyages / des week-ends.
J’imagine parfois mes vies parallèles, et ça me donne vraiment le vertige. Les jours de pluie intérieure, je me demande si j’ai fait les bons choix. On ne peut jamais tout avoir (ou très rarement), et je sais que ce que je voulais vraiment dans la vie, je l’ai à 90%. C’est un bon chiffre, je crois.

PARTIE 2
Autant de questions que je ne me pose pas des matins comme aujourd’hui, en fait.
J’ai couru dans les bois, au loin j’entendais les chèvres et le tintement de leurs cloches.  J’ai couru au dessus de ruisseaux qui chantaient paisiblement. J’ai glissé sur des feuilles. J’ai senti la lumière sur mon corps comme une décharge pure de vitamine D (et de bonheur).
Je n’échangerai ma place pour rien au monde. J’ai juste envie d’avoir les moyens de venir à Paris de temps en temps… 😉

Countryside

Vertige !

Ca vous arrive, d’avoir le vertige juste avec une pensée aussi vive que fugace?

Par exemple, si on pense à tous les gens qu’on connaît, en se demandent s’ils pensent à nous en retour. Ca en fait, du monde, non? Surtout simultanément! C’est un voyage dans l’espace, et un peu dans le temps.
Bim, vertige.

Ou alors s’imaginer enfant-qui-pense-à-nous-adulte.
Bim, re-vertige !

Et vous ?